Exposition 2017

Les Indiens d’Amérique du Nord

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Edward S. Curtis
Edward S. Curtis
Edward S. Curtis

Edward Curtis est né en 1868 dans la campagne du Winsconsin. Fils d’un révérend en charge d’une paroisse très peu peuplée, il a souvent accompagné son père lors des longues randonnées, qui incluaient de fréquents passages en canoë, à la rencontre des fidèles, nourrissant tôt un gout du voyage qui ne se démentirait pas.

Adolescent, il construit seul son premier appareil photo avec une lentille que son père avait ramenée de la guerre civile, et quelques pièces basiques. Il expérimente techniques et idées photographiques, devient assistant photographe, et s’établit quelques années plus tard dans un studio photographique de Seattle.

Curtis voyage et se consacre à la photographie de paysages, de montagnes et cascades. Il côtoie des indiens dans la réserve de Tulahip, qu’il immortalise. Lors d’un voyage sur le Mont Rainier, il secourt un groupe de grimpeurs en détresse qui compte des figures éminentes de la recherche ethnographique. Reconnaissants de son aide, et intéressés par son travail photographique, ils le convient à une importante expédition scientifique en 1899, de Seattle au cercle polaire arctique.

Au cours de l’été 1900, Curtis fait sa première véritable expérience la culture amérindienne, alors encore préservée de l’influence européenne. Il rencontre les modes de vie traditionnels des indiens d’Amérique et assiste à des cérémonies sacrées, notamment l’emblématique danse du soleil. Pris de passion pour cette culture, ses valeurs et ses croyances, et admiratif de la dignité qu’affichent les amérindiens, Curtis se lance à corps perdu dans un projet de trente ans auquel il sacrifiera tout, qui le fera arpenter vastes étendues américaines, à la rencontre de 80 tribus, de la frontière du Mexique au détroit de Behring, dans le but de composer une étude magistrale, photographique autant qu’ethnologique, des Indiens d’Amérique du Nord et de leur mode de vie.

On estime à 40.000 à 50.000 le nombre des images qu’il fit alors, 10.000 enregistrements phonographiques de dizaines de langues autochtones et de leurs chants. Il constitue le premier et le plus important fonds d’archives animées de ces cultures sacrées, dont il tirera le film muet In the land of the headhunters (au pays des chasseurs de tête).

Cette œuvre de toute une vie, profondément inspirée du génie créatif de son auteur, a été publiée en 20 volumes entre 1907 et 1930 sous le titre de The North American Indian. Elle constitue peut-être la publication la plus ambitieuse jamais entreprise par un seul homme, et assurément une référence de l’histoire de l’édition américaine. Mais l’accomplissement monumental de celui que les indiens avaient surnommé « l’Attrapeur d’Ombres » représente avant tout le témoignage intime de la vie quotidienne et spirituelle de ces peuples natifs, de leur culture, leur vision du monde, et la dernière mémoire d’une part culturelle de l’humanité aujourd’hui largement disparue.

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